Finissons-en d’en finir

Tombé sur un article de journal qui disait, d’une « vedette de la télé », qu’il ne parlait pas souvent de « sa judéité ». On sent que le terme gêne aux entournures, comme « judaïcité », ou autres. Mais en fait, ce n’est pas le nom qui manque. Ce qui manque c’est l’appui dans l’attribut, que le substantif ne saurait trouver.

« Être juif  » donne aussi peu de consistance à un nom que  » être bleu  » fonde une couleur, la « bleuité ».

« Donne moi le ballon bleu  » fonctionne dans une sélection entre trois ballons, dont un rouge, un jaune et un vert.   » Vous avez passé quoi, comme commande de ballons la dernière fois ? – Des bleus – Oh ben reprenez-en, ça se vend toujours, vous prendrez des jaunes avant l’été », fonctionne dans le cadre client-fournisseur d’un commerce de détail de jouets qui comprend, idem, quelques couleurs.

Mais dans l’absolu, l’attribut est happé par le trou noir de « être ». D’où cette impression de ne  » pas donner prise » que j’évoquais en disant :  » Oui, mais pourquoi me hait-il moi ? ».

Quel bonheur d’avoir trouvé, à la dernière page de Logique du Sens :  » Ainsi Bloom, sur la plage… » Nous sommes décidément nombreux, sur cette plage.

« Il y a une différence essentielle entre catégorématique et syncatégorématique  » [VOLT., Dial. XXIV, 10]

On voit que cette différence s’est amenuisée avec le temps, au point qu’aujourd’hui, elle ne signifie plus rien. Non pas que personne ne sache plus à quoi correspondent ces mots, mais c’est un peu comme les humeurs froides et les humeurs chaudes, ça ne correspond plus à rien.

Ainsi de ce que nous dissocions aujourd’hui, le visible et l’invisible, le conscient et l’inconscient, le possible et l’impossible. Ce sont des oppositions auxquelles dans le futur on ne se référera plus, parce qu’elles désignent des couples dont les termes ne s’opposeront plus, voilà, c’est fini.

Un chercheur pourra tenter de leur expliquer, comme à nous la différence que faisait Voltaire, ce qu’au XXI siècle on mettait comme contenu dans la distinction entre possible et impossible, mais ça leur paraîtra compliqué, comme à vous de comprendre le gloubiboulga entre catégorématique et syncatégorématique, qui ne recouvre, à proprement parler, rien.

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Le lieu du sens

Je voudrais rebondir sur une remarque de Gilles Deleuze dans [LDS], page 126 :

 » La polarité caractéristique de la vie est au niveau de la membrane ; c’est à cet endroit que la vie existe de manière essentielle, comme un aspect d’une topologie dynamique qui entretient elle-même la métastabilité par laquelle elle existe… Tout le contenu de l’espace intérieur est topologiquement en contact  avec le contenu de l’espace extérieur sur les limites du vivant ; il n’y a pas en effet de distance en topologie.  « 

L’intuition est belle, je suppose qu’il ne connaissait pas la dépolarisation de membrane.

 » On dira donc, en quatrième détermination, que la surface est le lieu du sens. Les signes restent dépourvus de sens tant qu’ils n’entrent pas dans l’organisation de surface qui assure la résonance entre les deux séries (deux images signes, deux photos ou deux pistes…) « 

En quoi la surface est-elle en effet  » le lieu du sens » ?

En ce qu’elles sont similaires, c’est à dire par leur similitudes, les images « se ressemblent ». Elles sont donc à l’intérieur du même cercle des choses identiques. Mais ces mêmes images, par leurs différences, se séparent l’une de l’autre, elles appartiennent à deux cercles différents, qui isolent les choses différentes (1). La surface est le lieu de séparation du sens, mais une surface virtuelle dont les figures comme l’anneau de Möbius ou la bouteille de Klein donnent une idée.

Les cercles qui enferment les choses identiques et séparent les choses différentes sont comme des tamis qui fonctionneraient à l’horizontale, en gardant comme impératif de pouvoir rassembler les choses différentes.

Imaginons un sac qui enferme un lot de choses semblables. par exemple des jouets. Un second sac enferme des choses semblables comme des morceaux de viande, un troisième des vêtements. Aucun objet d’aucun des trois sacs ne pourrait être contenu dans l’un des deux autres : Aucun vêtement ne peut être mangé, aucun morceau de viande ne pourrait servir de jouet, ni de vêtement etc.

Et pourtant, au moins un élément de chacun de ces sacs est blanc. Un quatrième sac réunit tous les objets blancs. Tel est l’espace du langage, où je peux prendre le sac des choses blanches et partir avec, sans que rien ne soit perdu ni abîmé. (2)

Les cercles se séparent sans se déchirer.

Je ne trouve pas mieux comme image, mais je voudrais que les cercles se touchassent et s’interpénétrassent à leur contact en deux endroits (flèches), ce serait plus frappant.

La phrase  » Il n’y a pas en effet de distance en topologie.  » est également intéressante. Je ne sais ce qu’elle recouvre comme vérité scientifique, mais elle est aisément compréhensible : si vous creusez un tore pour en faire une tasse à anse, peu importe la notion de distance, seules comptent les proportions.

On trouve cependant ici :  » Un espace topologique est dit métrisable s’il existe une distance induisant sa topologie. » A  » Il n’y a pas en effet de distance en topologie. « , il faudrait ajouter  » dans l’exemple qui nous occupe ici ».

A prendre les choses  » at large », on se donne la latitude de pouvoir tout relier, et c’est ça qui serait « problématique »…

Si ce n’était peut-être justement une sorte de signature stylistique de l’époque. Si veut affaler à la hâte une grand voile ou ramasser un parachute qui vous entraîne, on va aller chercher des endroits lointains du tissu : on ne peut se permettre en même temps, de plier une grand voile en boule et de faire des fronces précises au millimètre.

Dans ce grand brassage aussi poétique que technique, qui rassemble les quatre coins du drap, fait irruption le mot  » organisation « 

 » On dira donc, en quatrième détermination, que la surface est le lieu du sens. Les signes restent dépourvus de sens tant qu’ils n’entrent pas dans l’organisation de surface qui assure la résonance entre les deux séries (deux images signes, deux photos ou deux pistes…) « 

Ce mot a inévitablement une double résonance en nous : C’est organisé parce que quelqu’un l’a organisé. La nature ne peut produire que le chaos.

La règle de moindre énergie n’était pas venu troubler beaucoup ce sentiment naturel. Le chaos tassé au fond de la cuve, c’est du chaos retombé et refroidi, c’est inné et immédiatement accessible à la conscience. Et même si c’est tassé en forme de cristal, cette « structure  » n’est pas vraiment une « organisation ». L’organisation est un résultat, certes passif, mais témoin d’une activité passée.

C’est comme le passage du film où l’astronaute parcourt les parois de la grotte sur une planète lointaine, et que le spectateur réalise que les marquages ne peuvent pas être naturels, ils sont faits de main de vivant, pour éviter achéropoiétique, d’où son inquiétante étrangeté. Sûrement vivant, intelligent sûrement, mais pas homme.

Dans le système sujet-objet, il n’y a pas, de même, d’espace pour le doute. Si c’est une organisation, c’est ou ce fut organisé, et si c’est organisé, c’est que quelqu’un l’a organisé. Cela conditionne une téléologie aussi sûrement que le film de science-fiction nous promet l’apparition du monstre.

Parler ne suffit pas à parler après Parménide. Parler ne suffit plus à parler après. On peut continuer à parler, mais à condition d’insérer d’autres choses entre les fragments. Être le dernier à parler ne suffit plus. Mais, oui, la surface est bien le lieu du sens.

A condition bien sûr de se souvenir que la forme, c’est le fonds qui remonte à la surface. (Je crois que c’est de Valéry)

Mais bon, revenons à nos moutons.

(1) Elles appartiennent pourtant toutes deux au cercle qui embrasse toutes les choses différentes 🙂

(2) En fait, tout cela est une fable, mais j’ai besoin de le raconter ainsi pour les besoins de la démonstration.

Pour en finir avec l’être

Quelques remarques pour tenter de clore cette série.

Première remarque. Vous coupez du bois pour votre cheminée. Vous aurez besoin de « gros bois », de « petit bois », et d’une sorte de bois moyen, que vous finirez par nommer le  « moyen bois » dans le cercle familial.

Cette forme est appelée par les deux autres, entre lesquelles elle s’insère, en usage et donc dans le discours quotidien. On pourrait imaginer que l’histoire de la langue crée un mot comme le « grabois » pour désigner les bûches, le « tibas » pour désigner les brindilles, et le « maillabe » pour désigner les branches de taille intermédiaire, une fois coupées pour la cheminée.

Il faudrait alors un historien du français pour retrouver derrière ces mots, les éléments de lexique d’origine. Bien.

Ce qui m’intéresse ici, c’est que l’usage va générer l’antéposition de « moyen », alors que « moyen bois » ne se dit pas encore. Et ne se dira peut-être guère longtemps suite à l’usure qu’on a vue.

Mais peu importe, ce qui m’intéresse, c’est que la sélection paradigmatique va se faire au sein d’un pool de formes forcées par l’usage, et non au niveau du phonème.

J’ai déjà dit que si on me demande par quel moyen Jean et venu, je vais hésiter entre « bateau » et « avion », mais sûrement pas entre « bateau » et « râteau », et si on me demande avec quoi j’ai ramassé les feuilles, je vais hésiter entre « râteau » et « fourche », mais sûrement pas entre « râteau » et « gâteau »…

Je ne dis pas que la sélection au niveau du phonème n’est pas opérée, je ne dis pas que cela ne forme pas système, je dis que c’est non opératoire au niveau de la quasi-totalité des situations du langage. La distinction au niveau du phonème ne s’opère que pour une millionième des situations du lange : Celle de l’écolier en train de s’alphabétiser. Les linguistes, et c’est bien légitime, ont vu le langage par le petit bout de la lorgnette, parce que lors de leur étude, ils ont instinctivement découpé le langage au stade où l’écolier l’utilise, comme on se penche sur un tissu pour en observer les cellules.

On ne peut pas leur en vouloir d’avoir adopté cette attitude, mais on peut leur demander des comptes sur le fait de l’avoir conservée aussi longtemps sans se poser de  question.

Évidemment, on me dira que c’est bien facile de parler ainsi une fois qu’on a vu qu’il y en avait une autre. Certes.

Ce que je veux dire, c’est que l’endroit où se produit la « rupture paradigmatique », c’est à dire l »échelon auquel le locuteur décide (1) de provoquer l’écroulement de la chaine de son énonciation sur l’axe horizontal de la syntagmatique, cet endroit dépend de la situation du locuteur.

Si c’est un écolier qui apprend à lire, il étalera sa colonne sur l’axe syntagmatique dès le niveau du phonème, et rejoindra Saussure. Si c’est un adulte, il laissera sa colonne s’écrouler dès que le niveau de sens aura atteint le niveau requis pour faire la distinction entre  » râteau  » et  » fourche », ou entre  » bateau », et « avion ».

Mais si cet adulte a besoin d’un ensemble de formes articulées qui aille au delà de ce qui lui est proposé, il forgera « moyenboi », lequel entrera en système catégorial avec « petiboi » et « ‘groboi », et enrichira l’espace paradigmatique de sa langue, fût-ce circonscrit au sociolecte en vigueur, en usage, en vie dans sa ferme.

On peut même aller plus loin : si cet adulte est tant soit peu inattentif, il emploiera dans une phrase le prénom d’une femme au lieu de celui de son épouse, et ce lapsus montrera que la décision de clore ce qui fait paradigme, est en partie inconsciente.

Et malheureusement pour lui, si cet adulte est un linguiste, cette situation de clôture n’étant pas une décision de l’autre, mais un exemple de grammaire dans l’ouvrage écrit pas le linguiste, elle trouvera place  à la fois partout et nulle part. Partout où il en a besoin, c’est à dire partout où il peut répertorier les besoins des autres, cela n’a donc comme limite que ce qu’il a répertorié comme usage de la langue, et nulle part en ce qui le concerne en propre, puisqu’en ce qui le concerne, rien ne l’arrête spécialement, et il ripe jusqu’à l’ensemble du dit humain sans trouver d’aspérité où s’accrocher.

C’est pour cela que les exemples des grammairiens s’épuisent à exprimer le sens vide d’un citron sec.

D’où les multiples écoles, on le verra avec Laurier, qui cherchent un point d’appui où situer la projection du sens dans la forme. Je ne sais plus si c’est Petitot ou Rastier qui qualifie cette recherche de cauchemardesque.

Le théâtre, comme les gens dans la vie courante, savent très bien situer et utiliser cette rupture. Vous savez très bien que, pour trouver le sens de « Il y a des gens qui acceptent de travailler pour moins que ça », inutile de faire un arbre d’unités sémiotiques emboîtées avec des unités syntaxiques à la Père Ubu. Vous savez très bien que le sens de cette phrase est  » Et toi non », parce que la rupture paradigmatique se situe dès les premiers mots de la phrase.

Seconde remarque, on conviendra que, malgré l’usage intensif qui est fait de cette tournure, il est meaningless de dire : « Ces planches sont épaisses« , « Ces planches sont plus épaisses « , ou même  » Ces planches sont ‘plutôt plus épaisses’. »

A remplacer ces expressions par les propositions : » ces planches sont du type /épais/ », « ces planches sont du type /très épais/, ou même encore : « Ces planches seraient plutôt du type /épais/ », nous sentons bien que la manœuvre « va dans le sens de l’histoire ».

On dira bientôt seulement : « Des planches de type P1 », « P2″…, « P3″… selon la nomenclature internationale, les normes et standards, et autres, suivant l’influence de nos amis américains à l’ISO.

C’est que la langue du business, qui devra faire passer les machines du M2 du MIT au M2M du B2C, ne saurait supporter cette liberté dont dispose l’individu, nous l’avons vu, de casser la colonne paradigmatique pour l’étaler sur l’axe  syntagmatique.

Il est donc prévisible, hélas, que nous parlions de plus en plus en employant des paradigmes certifiés ISO9000. On y viendra par les infirmières, qui seront priées de ne plus dire « Il va bien » mais « il est en état B2 », et puis cela s’étendra à tous les esclaves du système, qui pourront ainsi commercer plus facilement avec les machines.

Dire « plutôt épaisses » suppose une proximité avec un autre humain qui n’est plus de mise. On n’est plus dans l’atelier de Mantegna, mon pauvre monsieur. Je me dis qu’il se trouvera bien des jeunes pour nous libérer de cela. Je me demande si, pour s’en libérer, il faut comprendre tout cela, et les mécanismes de l’aliénation, ou si l’instinct suffira. Si l’instinct n’y suffit pas, il me trouveront comme théoricien.

C’est pourquoi il est d’importance dorénavant de résister à ce palier. Ne cherchez pas dans le formulaire si votre activité est plutôt la 17a ou la 25b, mais écrivez « Atelier de couture, de broderie et de dentelle ».

Ne laissez pas votre vie être composée de rubriques que les bases de données peuvent croiser à loisir. « Nos enfants s’entendent et nous sommes amis » suffira à décrire une situation, plutôt que de cocher la case « concubinage ». Ne vous laissez pas enfermer dans les catégories plus encore que vous ne l’êtes déjà.

Donc à propos de catégories, on va tenter de sortir de Piaget, puis de Laurier, puis de Petitot, afin d’être en forme pour Aulagnier.

Ces détours sont d’importance néanmoins. Je voudrais arriver à montrer que l’impuissance à comprendre le langage que présentent les philosophies l’est par une racine commune.

Cette racine, c’est que toute la perspective épistémologique d’un domaine doit pouvoir être remise en question. Jusqu’ici, la connaissance a avancé par petites marches partant de la précédente. Ce modèle doit pouvoir être critiqué.

L’étude du langage est un cas type où le modèle n’a pas été remis en question depuis l’origine. On pourrait même dire avec les modèles sémiotiques qu’on s’est renfoncé dans l’oreiller tel un dormeur qui s’accorde un sursis avant de se lever.

Je crois que la résistance est ici énorme. En fait la remise en question bute maintenant sur des questions si difficiles que cela prend du temps. Comme les catastrophes des plaques tectoniques, nous sommes dans un moment de tension avant la rupture.

En effet, changer de modèle dans le sens où je l’entends impose de briser deux amarres. D’une part la vision sujet/objet, ou je / monde, ou encore moi / les autres, telle que nous la pratiquons depuis longtemps, et d’autre part la vision de la cosmogonie et de la théogonie, qui sont étroitement liées.

Je viendrai à cela plus tard, bien sûr. Ce que je cherche à montrer pour le moment, c’est en quoi notre inclusion ontologique dans le langage nous empêche de briser ces amarres. En quoi cela participe à la résistance.

Lorsqu’il s’agit d’imaginer un monde où Adam n’a pas péché, il ne s’agit pas de faire tourner la roue d’une roulette de casino, et de tomber sur un des x mondes possibles. Il s’agit d’un monde où le mot « pécher » n’a pas de sens.

St Paul disait déjà « C’est la loi qui crée le péché ». Si demain je promulgue une loi selon laquelle tous les gens qui ont les cheveux courts vont en prison, le monde sera quasi-désert. C’est cela, changer de monde, et c’est le sens profond de « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ».

Un mot du rapport singulier / collectif, car c’est une des amarres les plus urgentes à rompre. Il n’y a ni singulier, ni collectif, et trouver une manière de cartographier correctement cette relation sera une marche dans l’hominisation.

C’est à dire un moyen de représenter ce milieu fait de réentrance, ni liquide ni gazeux ni solide, tel qu’il n’y a pas de collectif, mais un ensemble d’individus, et pas d’individu mais que des parts de collectif.

(Je le définis volontairement négativement, comme pour  » en sortir à reculons », sans que la bête s’aperçoive que je la trompe et ferme les portes. (2))

Cela revient à définir la classe, les rapports entre sa définition en extension, et en compréhension, tout ce qui nous constitue.

Car avant même d’apparaître à l’air libre, nous avons plus d’un corps. Avant même de respirer, dans la voix de nos parents, dans les inflexions affectueuses de leur langue, nous sommes plusieurs.

Mais d’un mélange si intime à nous-même que nous avions réussi à nous persuader que nous étions des choses séparées les unes des autres, et séparées du reste du monde.

Il reste à parcourir cet espace d’un nouveau genre. Avant de quitter ce sujet, et là je reviens à « moyenbois », il reste à remarquer ce que souligne Petitot, à savoir que la  » falaise  » du reconnaissable dans le phonème fonctionne en positif comme en négatif. A partir du moment où notre système de reconnaissance subsume les indices sous un seul phonème, il ne peut plus revenir en arrière, avec une distinction que je vais introduire.

(1) Aux niveaux inférieurs, phonématique, par exemple, c’est délégué en sous-couches depuis longtemps, cf. Janusz Bucki sur cette question. Donc inconscient donc je ne l’inclue pas dans « décide ».

(2) C’est à dire se faire emprisonner dans des dualités comme celle évoquée par Deleuze, entre logique formelle et logique transcendantale, ligne qui selon lui parcourt l’histoire de la théorie du sens.  Dans « L’empereur des français est chauve », je renvoie tout le monde dos à dos sans cautionner aucun type de lien. La sanction opérationnelle, nous l’avons vu, se fait lors de la réception du message, et en fonction du milieu. Ce qui est contenu dans le message n’a aucune importance tant que non mis en rapport avec un contexte.

De même on sort du devenir. Entre la feuille verte et la feuille jaunie, il n’y a pas de devenir à proprement parler. Le seul devenir provient du fait qu’on conserve le mot  » feuille », mais pour la nature, il n’y a jamais eu de « feuille », donc rien ne se transforme, donc pas de devenir. Il n’y a pas de « feuille », rien qui soit une « feuille », que des frontières que nous établissons, comme le seuil d’un phonème, ou le coin d’une ligne, dont la décision arbitraire est prise par nos neurones.

Nous parcourons une forme qui vient toujours de sa contre-forme, parce que notre vie propre s’est arrimée à toutes celles d’un train de vivant, mais en dehors de la réaction vivante à la contre-forme, il n’y a pas d’être.

article continuité fils a

C’est depuis notre ressenti à nous, courbe rouge, que nous inférons les « intentions » de la courbe verte. Bien qu’en vérité, nous ne sachions rien de ce qui est au-dessous de la courbe verte, toujours un sujet de surprise et donc un objet de méfiance.

C’est aussi pour cela que je par le de sortir du langage « à reculons, c’est pour être sûr de n’en fixer aucune partie, de ne rien viser qui, de toute façon, lui appartiendrait. Plus on recule, et plus on embrasse large, et plus la vue est large, plus on voit de branches de la mangrove, et comment elles se rejoignent.

Il est difficile d’être sûr qu’il n’y a pas encore, derrière soi, une liane qui viendrait reboucler que la jungle et vous enfermer. Il est difficile d’être sûr qu’on regarde dans son entier ce tore tapissé intérieurement de miroir où tout est relié. Il suffit de se placer au bon endroit pour que tout soit « seamlessly » connecté par une fusion.

 

Conseils au jeune Socrate (façons d’être VIII)

Suite à ce merveilleux article, j’avais dit que je reviendrai à Parménide 154,155, cité par Deleuze, et merci à Anne de l’avoir déterré ici.

Je rembobine un peu pour que vous avez un résumé des épisodes précédents (oui, il y a des moments où j’aime le parfum  » immigré iranien » que donne ce type d’emploi de l’indicatif). Il est vrai qu’il est difficile de couper dans le vif de ce tissu continu de galéjades.

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Piaget Structuralisme XXIII linguistique.

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Suite à ceci, nous poursuivons la lecture de l’exposé de Jean Piaget, nous sommes page 68. Nous allons passer rapidement sur le sous-chapitre La structuralisme transformationnel, les relations entre l’ontogenèse et la phylogenèse. Vous savez que les « énoncés-noyaux stables », les universaux du langage et autres robots générateurs de syntaxe chomskyens me paraissent relever des jeux oulipiens plus que de l’étude.

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