Bibliographie

Je porte en vrac les ouvrages ou liens où je puise, sans corrélation chronologique autres que les plus récents en premier, ni corrélation quantitative.

Les lettres entre crochets carrés [CLE] représentent le sigle sous lequel je mentionne l’ouvrage.

Les cotes en gras sont celles de la B.U. centrale de Rennes 2, sinon, la biblio de section est précisée

Le mieux est de croiser cette liste avec celle des auteurs que je cite dans la rubrique  » libellés ».

  • Logique du sens [LDS]  Gilles Deleuze, Collection Critique, Ed. de Minuit.

Piera Aulagnier. PUF. S 616.892 / 145 [VI]

Sophie de Mijolla-Mellor S 616.892/159  [SMM_pp]

Nathalie Blanc. PU Toulouse S153.4 / 257

 

 

  •  Représentation de l’Espace chez l’Enfant. Jean Piaget & Bärbel Inhelder Bibliothèque de Philosophie Contemporaine PUF 197 -3 (?)

 

  • Conduites linguistiques chez le jeune enfant Frédéric François [CLE] aux PUF coll. Le linguiste.

 

  • Introduction à la philosophie du langage Daniel Laurier chez Mardaga [IPL]

 

 

  • D’autres psychotiques que moi, L. Tenenbaum
  • Des Névroses aux états-limites Manuella de Luca, Vincent Estellon, Collection Cursus, Armand Colin.  [DNE]
  • Introduction à une sociologie de la création imaginaire Patrick Legros L’Harmattan 1996
  • Les idéalistes passionnés Maurice Dide

Thomas Gillie Russell Bower.

  • Mélancolie et Manie Binswanger S616.895 / 15
  • Délire Binswanger (BSH M9948)

Citations d’Ulysse de Joyce

Edition Nrf, traduction Jean Maurel corrigée par Valéry Larbaud.

Page 31

 » J’étais semblable à lui, ces épaules fuyantes, cette gaucherie. C’est mon enfance qui près de moi se penche. Trop loin pour que ma main l’atteigne, même du bout des doigts. La mienne est loin, et la sienne est secrète comme nos yeux. Secrets silencieux, qui règnent rigides dans les palais sombres de nos deux cœurs; secrets las de leur tyrannie; tyrans désireux qu’on les détrône.L’opération était faite.

– C’est très simple, dit Stephen en se levant. »

Page 47

 » Ici les galères des Lochlanns couraient à terre en quête de proie, les becs rouges de leurs proues rasant un ressac d’étain fondu. Vikings danois aux cols étincelants de torques de francisques au temps où Malachite portait le collier d’or. Une troupe de cachalots échoués dans le midi brûlant, qui lancent leur jet et se déhanchent sur les hauts-fonds. Et de la cité famélique et palissadée une horde de nains aux justaucorps de cuir, ma race, qui se ruent, tranchent à même le lard vert avec leurs couteaux d’écorcheurs. Famine, peste, massacres. Leur sang est le mien, leurs concupiscences déferlent en moi. Il allait parmi eux sur la Liffey gelée, ce moi, troquet, au milieu des feux crépitants de résine. Je ne parlais à personne, personne ne me parlait.L’aboi du chien se rapprochait, s’arrêtait, s’éloignait. Chien de mon ennemi. Je n’ai fait que rester debout, pâle silencieux, aux abois. Terribila meditans. Un pourpoint primevère, l’homme à tout faire de la fortune souriait de ma peur.  »

 

Page 50

 » Son ombre portait sur les roches pendant qu’il terminait, penché. Pourquoi ne serait-elle pas illimitée, pourquoi ne s’étendrait-elle pas jusqu’à la plus lointaine étoile ? Elles sont là sombres derrière cette lumière, ténèbres luisant dans la lumière, delta de Cassiopée, mondes. Il est là, ce moi, augure à baguette de frêne et sandales empruntées, assis le jour près d’une mer livide, ignoré et marchant dans la nuit violette sous une influence d’astres baroques. Je repousse cette ombre circonscrite, inéluctable forme humaine, et la rappelle. Illimitée, pourrait-elle être mienne, forme de ma forme ? Qui prend garde à moi ici ? Où et par qui seront jamais lus ces mots que j’écris ? Des signes sur champ blanc. Quelque part à quelqu’un de votre voix la plus flûtée. Le bon évêque de Cloyne fit sortir le voile du temple de son chapeau ecclésiastique : voile de l’espace aux couleurs hachurées sur champ. Attends. Colorés sur le plat; oui, c’est bien cela. Je vois le plat, mais je pense la distance, près, loin, je vois le plat, Est, arrière. Ah, voyons maintenant : ça retombe subitement, dans un figé de stéréoscope. Déclic du truc. Vous trouvez mes paroles obscures. L’obscurité est dans nos âmes, n’est-ce pas votre avis ? Encore plus flûtée. Notre âme blessée de la honte du péché se cramponne à nous toujours plus, femme cramponnée à son amant, plus, toujours. »

Page 166

 » Un garçon mal sanglé récoltait avec fracas les assiettes collantes. Rock, l’huissier, debout près de l’appui du bar, soufflait sur la couronne d’écume de sa chope. Ça mousse bien. Elle gicla jaune près de sa bottine. Un dîneur, fourchette et couteau dressés, coudes sur la table, prêt pour le second service, était perdu dans la contemplation du monte-plat par dessus son carré de journal plein de taches. « 

Page 219

 » Un jeune homme congestionné surgit d’une brèche de la haie et après lui une jeune femme tenant un bouquet de marguerites sauvages qui se balançaient au bout de leur tige. Le jeune homme retira brusquement sa casquette, la jeune femme se pencha brusquement et avec beaucoup d’attention détacha une brindille accrochée au tissu léger de sa jupe.Le Père Conmee les bénit tous deux très gravement et tourna un autre feuillet de son bréviaire. »

Page 287

 » Dans Inisfail la Belle, il y a  une terre, la terre de Michan le Vénéré. Là s’élève une tour de guet que les hommes découvrent de vingt lieues à la ronde. Là dorment les puissants tels qu’en leur vie ils dormirent, guerriers et princes de haut renom. En vérité c’est une douce terre aux eaux murmurantes, aux cours d’eau poissonneux, où s’ébattent le grondin, la pile, le grondin, la pile, le gardon, le bellebut, l’aiglefin bossu, le saumon remontant, le carrelet, la barbue, la limande, le ramassis des poissons vulgaires et autres citoyens de l’aquatique empire trop nombreux pour être énumérés. Aux molles brises de l’ouest et de l’est, les arbres altiers balancent vers les quatre points cardinaux leurs frondaisons émérites, les sycomores encensant, le cèdre libanien, le platane élancé, l’eugénique eucalyptus et autres ornements du monde végétal qui foisonnent en cette contrée.
D’aimables vierges assises tout contre les racines des arbres aimables chantent les plus aimables romances tout en jouant avec toutes sortes d’aimables objets comme par exemple des lingots d’or, des poissons d’argent, des barils de harengs, des haveneaux d’anguilles, des moruettes, des paniers de menises, de pourpres gemmes de mer et de folâtres insectes. Et les héros viennent des confins du monde solliciter leurs faveurs, d’Eblana à Slievermargy, les princes sans égaux de la libre Munster et de Connacht la juste  et du Leinster de velours et de la terre de Cruachan et d’Armagh la splendide et du noble district de Boyle, princes fils de rois.
Et là se dresse un splendide palais dont le toit de cristal qui jette mille feux est vu des mariniers qui sillonnent l’océan sans limite en des esquifs spécialement conçu pour cet usage et léans affluent tous les troupeaux, bêtes d’engrais et primeurs de cette terre pour que O’Connell Fitzsimon en perçoive la dîme, lui chevétaine issu des chevétaines. « 

Page 352

 » Il était si bon et si saint et souvent elle pensait et repensait qu’elle pourrait lui faire un couvre-théière avec des ruches et une guirlande de fleurs brodées pour lui faire cadeau ou bien une pendule mais ils avaient une pendule qu’elle avait remarquée sur la cheminée blanc et or avec un canari qui sortait de la petite maison pour dire l’heure le jour qu’elle y était allée pour les fleurs de l’adoration perpétuelle c’était difficile de savoir quel genre de cadeau faire ou peut-être un album de vues de Dublin en couleurs ou d’un autre endroit.Les odieux moutards recommençaient à se chamailler et Jack avait jeté le ballon vers la mer et tous deux couraient après. »

 

Page 384
 » A quoi ils se rirent moult liement hors mis le jeune Stephen et sire Léopold, qui rire se soulait trop ouvertement par raison d’une humeur singulière laquelle n’aurait il voulu trahir et pour ce qu’il avait grand pitié d’icelle qui portait fruit, qui fût-elle ou en quelque lieu qu’elle fût. »
Page 403
 » Bloom. – Ravi de vous revoir, Chris K. 11.
Joe Hynes – Pourquoi n’êtes vous pas en uniforme ?
Bloom. – Quand l’auteur de mes jours dont la mémoire m’est sacrée portait l’uniforme du despote autrichien sur la paille humide des cachots, où était le vôtre ? « 

Page 495

 » BELLO (Satirique) Le jour vous ferez tremper et vous frotterez nos dessous malodorants, même quand nous les dames sont indisposées, et vous récurerez nos latrines, les jupes relevées et un chiffon sale entortillé autour de votre queue? Ça ne serait-il pas gentil ? (Il lui passe au doigt une bague avec un rubis) Et voilà. Cette bague te consacre mienne. Dis : merci, maîtresse.
Bloom. – Merci, maîtresse. »

Page 661

 » Avec ?

Sinbad le Marin et Tinbad le Tarin et Jinbad le Jarin et Whinbad le Wharin et Ninbad le Narin et Finbad le Farin et Binbad le Barin et Pinbad le Parin, et Minbad le Malin et Hinbad le Harin et Rinbad le Rabbin et Dinbad le Karin et Vinbad le Quarin et Linbad le Yarin et Xinbad le Phatharin. »

Page 707

 » O que d’affaires si c’était tout le mal que nous faisions dans cette vallée de larmes Dieu sait que ça ne pèse pas lourd est-ce que tout le monde ne le fait pas seulement ils cachent je pense que c’est pour ça qu’une femme est censée être au monde sans quoi il ne nous aurait pas fait bâties comme Il l’a fait si attirantes pour les hommes alors s’il veut embrasser mon derrière j’écarterai tout grand mon pantalon et je le lui bomberai en plein sur la figure qu’il colle sa langue dans mon trou jusqu’au fin fond pendant qu’il y est mon jouet quelque part et après je lui dirai qu’il me faut une livre ou peut-être trente shillings je lui dirai que j’en ai besoin pour m’acheter des dessous alors s’il me donne ça eh bien ça pourra aller à la rigueur je ne veux pas le saigner à blanc comme il y a des femmes qui le font plus d’une fois j’aurais pu me remplir un beau chèque et écrire son nom dessus pour deux livres et le signer de son nom les fois qu’il avait oublié de l’enfermer d’ailleurs il ne veut pas le dépenser je le laisserai jouir sur moi par derrière pourvu qu’il n’abîme pas mes pantalons propres. »
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