Lexique

Mots et expressions du français contemporain

 

Navrette : petit véhicule blessé reliant les souffrances infligées à la tristesse.

Putagaz : Bouteille qui réchauffe tous les cœurs.

 


 

« Le clocher digère les ours «  : Du temps qu’on savait construire des églises, il arrivait qu’on doive renforcer le clocher, soit que ce dernier menaçât de rupture, soit qu’on installât une cloche plus grosse.

On appelait « ours » (de latin dursus, dursi, dorsale) les bastaings épais et courts spécialement adaptés à la traversée des clochers. Il fallait ouvrir les murs aux extrémités, engager les ours et faire une maçonnerie adaptée pour les sceller. C’est cette opération qui posait parfois problème : déstabilisant l’acoustique du clocher, elle donnait l’impression d’un son de cloches assourdi.

Il fallait attendre que toute la maçonnerie ait séché, que les ours se soient mis en place dans la pierre pour que le clocher retrouve sa tension, et les cloches leur beau son clair. On disait « Il faut le temps que le clocher digère les ours ».

« Le mariage eut bien lieu. Les murs du clocher n’avait pas encore digéré les ours, et on voyait quelques traces de bombes, mais ce fut la plus belle fête de l’année ».

Jean-Ferdinand Rouquignon Ceux d’en haut Ed Lattès collection Terroirs 1946.

 

« Remettre l’hostie dans le carabin » : Au XVIIème siècle, le « carabin » désignait la coupe dans laquelle l’assistant du médecin apportait le remède au patient retourné dans la salle d’attente. Par la suite, le mot renvoya par extension, comme on le sait, au porteur de ladite  coupe.

Lorsque la potion était amère, ou trop chaude, il arrivait que le buveur recrachât la rondelle de médecine à peine arrivée sur sa langue, là où le prêtre l’y dépose lorsqu’on communie à l’Eucharistie, notamment sous les deux espèces.

« Avec un borborygme étouffé, Fernand tendit sans regarder la coupe. Il avait remis vite fait l’hostie dans le carabin. Seulement l’autre était déjà reparti, et l’on vit le breuvage se répandre sur le parquet dans un cri d’horreur auquel participa toute la salle d’attente. »

Eugène Bourdillon Ferdinand, gosse de Céré Editions du Patrimoine Collections Feuilles Mortes 1921.

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